Le «marché»

Offre et demande en pleine mutation

Au Québec, l’offre commerciale dédiée à la vente d’articles de quincaillerie et de matériaux de construction s’est, depuis les dix dernières années, grandement modifiée. En 1990 on dénombrait près de mille centres de rénovation ayant leur principale place d’affaires au Québec. À ces mille commerces s’ajoutaient, également, un nombre équivalent de plus petits espaces de vente spécialisés en quincaillerie, ainsi que de nombreux magasins à rayons offrant également des articles pour la maison. Au début de l’an 2000, les sept cent trente-huit centres de rénovation proposent à leurs clientèles des espaces-ventes totalisant tout près de neuf millions de pieds carrés. Une évidence s’impose : il y a moins de détaillants impliqués dans le secteur… Par contre, ces derniers possèdent de plus en plus de pieds carrés de vente.

Il est ainsi facile de constater que l’offre en produits de quincaillerie et en matériaux de construction s’est considérablement modifiée depuis dix ans. En fait, l’offre est méconnaissable pour quiconque vivait au Québec en 1990. Mais qu’en est-il de la demande des consommateurs? Intuitivement, on sait qu’elle a subi l’impact d’une «suroffre» mais, quantitativement – c’est-à-dire en chiffres – que s’est-il passé?

L’acheteur en magasin n’est plus tout à fait le même. L’entrepreneur a basculé à gauche, laissant une place énorme à monsieur et, surtout, à madame tout le monde. Les projets de rénovation et les programmes d’entretien se sont modifiés tant et si bien qu’on ne va plus à la quincaillerie pour les mêmes motifs. On assiste ainsi à l’émergence d’une demande nouvelle, voire plus vigoureuse. Habituellement, il n’en faut pas plus pour stimuler la concurrence et influencer le mix produit d’autres commerces, jadis mieux centrés dans leurs créneaux de marché.